La production nucléaire en France

En 2017, la France totalise toujours 19 sites nucléaires et 58 réacteurs, répartis sur le territoire. Elle est plutôt bien positionnée à propos de la diminution des émissions de CO2, elle reste confiante concernant la production et l’approvisionnement et propose une facture d’électricité moins chère que ses voisins européens. Ajoutons à cela que sa technologie de pointe lui vaut d’être reconnue pour son savoir-faire en la matière.

L’ombre au tableau

La France n’a pas assez de ressources (charbon, gaz ou pétrole) pour produire son énergie électrique et c’est une des principales raisons expliquant qu’elle a développé la production nucléaire. Certaines centrales sont vieillissantes (Fessenheim, Bugey, Cattenom…) et EDF veut malgré tout prolonger leur durée de vie de 10 années (voire plus) supplémentaires. En 2111, la catastrophe de Fukushima a fait coulé beaucoup d’encre (et pour cause !). Il a donc été décidé que les équipements devaient être en capacité de tenir bon face à un niveau d’incidence plus élevé. En France, le problème de la sûreté est désormais encore plus sérieusement pris en compte dans les discussions concernant l’avenir. Les Verts expriment leur inquiétude et remettent régulièrement en cause, auprès du Parlement Allemand, les mesures de sécurité des sites de production français les plus anciens.

Que dit le gouvernement ?

Le précédent gouvernement avait fait la promesse de fermer Fessenheim mais, force est de constater qu’elle est toujours en activité. C’est la plus vieille de nos centrales. Pour le moment, l’indécision semble régner au sein du nouveau gouvernement. Le Président de la République actuel, serait favorable à la fermeture de Fessenheim, mais seulement en 2018, lorsque le réacteur EPR de Flamanville (dit de 3ème génération) sera terminé. Bien des déboires ont mis à mal la construction de l’EPR à Flamanville. L’usine Creusot Forge, en charge des travaux, est très en retard et le surcoût s’élèverait déjà à plusieurs milliards d’euros. Et ce n’est pas fini…

Sortir du nucléaire en France, un enjeu écologique et financier

L’Institut Montaigne a publié un texte annonçant qu’il faudrait 217 milliards d’euros jusqu’en 2035, pour envisager une sortie du nucléaire et trouver de nouvelles productions d’énergie. Mais ce chiffre a été contesté. A contrario, moderniser la filière pour prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires jusqu’en 2030, la Cour des comptes a évalué ce programme appelé le « Grand carénage » à 100 milliards d’euros. Et c’est sans compter le coût du traitement des déchets radioactifs qui augmenterait considérablement la facture. Le journal Le Monde table plutôt sur un budget de 340 à 385 milliards d’euros.

Et les emplois ?

Les avis sont partagés : les pro-nucléaires avancent que la filière compte près de 220.000 emplois dans le nucléaire et qu’il ne faut surtout pas y toucher ; c’est en effet, un des secteurs les plus importants avec l’aéronautique et l’automobile. Tandis que les « contre », argumentent que les emplois seraient majoritairement détournés vers la production d’énergie renouvelable et que de nouveaux seraient créés pour assurer le démantèlement. La France pourrait-elle devenir leader sur ce marché ?

 

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